" Desmicardisation » : aller au-delà des exonérations de cotisations sociales
Même si certaines pistes du rapport sont intéressantes, il faudra aller
beaucoup plus loin pour améliorer le niveau de vie des travailleurs.
Ainsi, l’UNSA prend acte d’un certain nombre de propositions comme celle
préconisant une meilleure visibilité du financement de la protection
sociale.
Sur les exonérations de cotisations sociales, au cœur du rapport, si la
recommandation centrale est pertinente – l’UNSA appuie en effet la fin
de ces exonérations au-delà de 2,5 SMIC – elle raisonne à budget
constant. De ce fait, elle ne réduit pas le coût considérable et sans
cesse croissant de ce dispositif d’aide aux entreprises.
Par ailleurs, si la recommandation centrale était retenue par le
gouvernement, il conviendra d’être vigilant sur les conséquences en
termes d’emploi. Certains secteurs, notamment des TPE et PME, pourraient
être mis en difficulté temporairement. Dans le même esprit, l’UNSA
regardera avec une attention particulière les évolutions de la
structuration des salaires en France et l’effet sur la desmicardisation.
Au-delà des exonérations de cotisations sociales, l’UNSA regrette que le
rapport propose peu de suggestions pour améliorer le revenu disponible
et le reste à vivre des travailleurs pauvres et modestes. Rien par
exemple sur l’amélioration du dispositif de la prime d’activité. De même
concernant les freins périphériques à l’emploi comme le logement, les
gardes d’enfants ou encore les transports…
Pour mémoire, les exonérations de cotisations sociales s‘élevant à
environ 75 milliards d’euros, pour l’UNSA, la question de la
conditionnalité des aides aux entreprises demeure une revendication non
négociable. Force est de constater que le rapport ne répond pas à cette
exigence.
Laurent Escure, Secrétaire général de l’UNSA






